Cultiver d’autres expertises sur les sciences et les technologies

François Thoreau

Les controverses touchant aux sciences et aux nouvelles technologies ont, bon gré, mal gré, démontré les limites d’une expertise scientifique qui se conçoit dans les termes trop étroits d’un positivisme rationaliste. Elles ont déstabilisé, au cœur d’une des institutions centrales de la modernité - la science - l’autorité de la « chose prouvée », au sens de ces faits objectifs qui s’imposent au collectif sans autre forme de procès, précisément parce qu’il devient de plus en plus compliqué de désenchevêtrer ces entités aux multiples facettes, ces « hybrides » (Latour, 1991). Dès lors, sous l’effet de cette déstabilisation, toute une série d’ouvertures des processus décisionnels ont vu le jour, à d’autres types d’expertise, ou encore de multiples initiatives de « participation du public ».