Crise économique et sociale : la mise hors-jeu des ministres de l’Emploi

Olyeka Demugir

Depuis la diffusion de la crise au marché du travail, l’un des débats socioéconomiques les plus vivants en Belgique a porté sur une éventuelle extension du chômage temporaire aux employés. Les grands argentiers de l’UE ont été de connivence avec la présidence tchèque pour l’imposer aux ministres de l’Emploi. Alors que l’Europe voulait faire rayonner son modèle social et ses valeurs dans le monde (voir l’article 3 du projet de traité de Lisbonne), du Conseil européen informel de ceci au sommet de cela en passant par l’anesthésié Conseil Emploi et Affaires sociales, toutes les occasions auront été bonnes pour organiser leur mise hors-jeu, comme si les travailleurs et les ménages n’avaient que peu d’importance en comparaison avec les acteurs financiers et économiques. Paradoxalement, au niveau international, la tendance inverse semble se dessiner et l’impact social de la crise est pris en compte.