Ce sacrifice que nous ne saurions voir

Guillaume de Stexhe

Un cou menacé par un couteau, un hurlement silencieux, trois mains mêlées : la peinture murale apparue fin janvier à Bruxelles près de la porte de Flandre a provoqué.

Elle est faite pour ça (peu importent ici les intentions de l’auteur). Provoquer, d’abord, cette simple question : qu’est-ce qui se donne à voir ici ? Une menace d’égorgement ? Mais il y a aussi le cri de la victime. Et, rarement notée au premier regard, une main qui retient celle qui tient le couteau ? Seconde question, alors, que provoque par ricochet cette diversité de regards : qu’est-ce qui captive aujourd’hui nos imaginaires ? Qu’est-ce qui nous fascine, jusqu’à peut-être nous aveugler sur le reste ? Le sang qui appelle le sang ? Le cri des victimes que personne n’entend ? Le coup d’arrêt à donner aux mises à mort ? On pourrait déjà en rester à ces questions : on n’aurait pas perdu son temps.