Ce que les minorités font aux sexualités

Myriam Dieleman

Les minoritaires ont mis en évidence que la sexualité est politique et que l’androcentrisme comme l’hétérocentrisme perdurent en dépit de l’évolution des comportements. Une échelle morale distinguant la « bonne » sexualité de la « mauvaise » continue à structurer les pratiques et les représentations, le couple hétérosexuel occupant la première place. Quant à l’État, il reste un des acteurs soucieux de réguler les sexualités, voire de réprimer certaines de ses formes les moins acceptées, même lorsque les rapports entre adultes sont consentis. Le consentement rencontre ici ses limites, notamment dans le traitement de la prostitution. De même, les conduites et les pratiques des immigrés africains et nord-africains sont aujourd’hui régulièrement décriées par un Occident qui se considère comme affranchi, foyer du féminisme et terre d’élection des homosexuels, et s’autorisant donc une mission de libération traduisant ainsi la persistance d’un racisme postcolonial.