Berlin face à la tempête. Et vogue le navire

Claire Demesmay

Alors que les voisins de l’Allemagne ont suivi l’élection du Bundestag comme s’il s’agissait d’une échéance nationale, y voyant un scrutin déterminant pour le cours de l’Union, les questions européennes n’ont joué dans la campagne électorale allemande qu’un rôle secondaire. Certes, les débats ont été ponctués de références à l’avenir de la zone euro, mais celles-ci n’ont pas eu de fonction structurante dans la campagne. En réalité, les citoyens et les médias se sont davantage intéressés, et de loin, à des sujets de politique intérieure tels que l’introduction d’un salaire minimum, la revalorisation des retraites pour les mères de famille ou encore la pertinence d’un péage autoroutier pour les véhicules étrangers. Malgré l’irruption dans le jeu politique d’un parti ayant axé son programme sur la dissolution de la zone euro, une rareté dans le paysage politique allemand, il n’y a pas eu de réelle controverse autour de la politique européenne. Seule l’allusion à un probable renflouement de la Grèce, faite par le ministre des Finances en aout 2013, a provoqué dans la campagne des remous — que ses coéquipiers chrétiens-démocrates et libéraux ont rapidement cherché à apaiser. Comment s’explique un tel calme autour des sujets européens au moment où l’UE vit l’une de ses plus graves tempêtes ? De quelle manière s’articule, en Allemagne même, la contestation de la politique européenne du gouvernement fédéral ? Et faut-il s’attendre à un changement de cap dans le contexte de grande coalition ?