Ben Laden : la force de l’absence d’image

Simon Tourol

On sait depuis l’émergence de la télévision comme média de masse que l’évènement n’existe que visible, montré, représenté. Un fait sans image perd ses chances de devenir une information, au risque de perdre jusqu’à sa réalité. Combien de famines et de massacres ne se sont-ils pas déroulés dans l’ignorance — donc l’indifférence — parce qu’aucune caméra ne les avait saisis ? Inversement, l’image a ce pouvoir inouï de conférer à l’anecdotique le statut d’évènement et de donner à l’évènement local une dimension universelle, ainsi qu’un mariage britannique l’a illustré, c’est le mot, récemment.