Belgique-België : un État, deux mémoires, d’Olivier Luminet

Geneviève Warland

Quel est l’impact de la mémoire collective sur les conflits communautaires en Belgique ? Par quels biais cerner les éléments qui la composent ? À ces deux questions l’ouvrage analysé ici offre des éléments de réponse via la psychologie, la psychanalyse, l’histoire, la littérature et les sciences politiques [1]. Il met en exergue certains moments de cristallisation tels que les deux guerres mondiales ou l’affaire de Louvain en 1967-1968, à la source d’émotions fortes et tenaces et de la formation de stéréotypes. Il vise à mieux comprendre l’origine de ces stéréotypes et émotions en Belgique francophone, d’un côté, et néerlandophone, de l’autre, en montrant, à travers plusieurs cas d’étude, le travail (inconscient) de l’histoire et son impact sur ce qui est ressenti de part et d’autre de la frontière linguistique par rapport à des conflits actuels.

Ce livre, dirigé par le psychologue Olivier Luminet, professeur à l’UCL, est issu de la collaboration entre les membres d’une équipe de chercheurs appartenant à des disciplines différentes : histoire, littérature, psychologie, psychanalyse et sciences politiques. Il reprend les exposés donnés à l’occasion d’une journée d’étude et publiés dans un numéro spécial de la revue scientifique Memory studies consacré aux interactions entre la mémoire collective et l’identité nationale en Belgique. Afin de communiquer à un public plus large les résultats de ces enquêtes et synthèses portant sur la ou plutôt les mémoires collectives belges, ils ont été traduits en français et en néerlandais et ont paru simultanément sous la forme de deux monographies : Belgique-België : Un État, deux mémoires collectives ? comme indiqué ci-dessus et België-Belgique : Eén staat, twee collectieve geheugens ? édité chez Snoeck également en 2012.

La thématique centrale — la mémoire qui oriente une certaine façon de se situer et de réagir dans le présent en fonction de souvenirs positivement ou négativement connotés — rejoint les préoccupations de La Revue nouvelle : en effet, depuis 1945, la revue décrit et analyse les évolutions de la société belge aux plans politique, sociologique et idéologique [2]. D’une certaine manière, elle contribue à façonner une mémoire des avatars de la Belgique de la même façon qu’elle est elle-même travaillée par les représentations et les stéréotypes qui la façonnent.

Avant d’entrer dans cet ouvrage qui a le mérite d’une approche sur le temps long — englobant plusieurs générations et opérant des incursions dans une histoire séculaire — et d’un traitement pluridisciplinaire de l’actualité politique, sociale et économique de la Belgique, regardons de plus près de quelles représentations et émotions il est principalement question. La thèse principale de l’ouvrage affirme que la mémoire collective joue un rôle central dans de nombreux conflits. Elle sert, en effet, à justifier les motifs et les aspirations des parties en présence. Les conflits politiques au sein des États-nations apparaissent, dès lors, comme des conflits de mémoire qui reposent sur l’ignorance ou sur le rejet de la mémoire de l’autre. Et ils charrient souvent des émotions laissées par des faits actuels ou par des souvenirs de faits passés, lesquels orientent la manière de les appréhender rationnellement. Pour le chercheur soucieux de rigueur scientifique, l’écheveau n’est pas toujours aisé à démêler, mais, dans tous les cas, il s’agit de tenter de distinguer les « processus par lesquels les souvenirs se construisent et le contenu réel de ces souvenirs » (p. 26).

Un premier constat, établi par les contributeurs au volume, reconnait dans la Belgique un laboratoire pacifique des mutations de l’identité nationale [3]. Un second affirme que « les deux groupes [les Flamands d’un côté, les francophones de l’autre] ne partagent pas les mêmes références historiques » (p. 20). À partir de là, l’interrogation porte sur les « facteurs émotionnels et cognitifs qui expliquent la persistance à travers le temps du souvenir d’évènements publics et du contexte dans lequel on en a pris connaissance » (p. 25). Les méthodes auxquelles recourent ces chercheurs issus d’horizons disciplinaires différents, reposent, pour les uns, sur des enquêtes quantitatives et qualitatives et, pour les autres, sur l’analyse de discours politiques, de la presse ou de romans ainsi que sur celle de pratiques commémoratives.

Les thématiques suivantes sont successivement abordées : dans une perspective de psychologie sociale, le chapitre1 (qui suit l’introduction ou chapitre 2, rédigé par Olivier Klein, Laurent Licata, Nicolas Van der Linden, Aurélie Mercy et Olivier Luminet) analyse les perceptions que les Flamands et les francophones ont d’eux-mêmes et de l’autre groupe à travers l’examen de stéréotypes liés à l’usage des langues et à l’autonomie régionale. Ce chapitre met en exergue les éléments structurels qui divisent la société belge et qui se manifestent par un conflit entre Flamands et francophones autour du contrôle de certaines ressources : matérielles (la richesse, autrement dit la gestion de l’argent de l’État), procédurales (le pouvoir ou la prise de décision) et symboliques (la réputation du groupe, l’histoire, la langue). En un tableau synthétique (p. 43), il résume ces éléments en distinguant les représentations liées aux principes de justice (la solidarité selon les francophones versus l’équité selon les Flamands), aux stéréotypes « endogroupe » et « exogroupe » et à la mémoire collective. Quant à cette dernière, les auteurs montrent comment elle est mobilisée à titre de réservoir d’analogies ou de comparaisons utilisées dans des situations de menace ou de déni. Les stéréotypes (et les mythes) issus, chez les Flamands, de la domination de la bourgeoisie francophone en Flandre et de l’expérience de la Première Guerre mondiale et, chez les francophones, de la collaboration flamande durant les guerres et de l’expulsion de Louvain, alimentent encore leurs sentiments de victimes, notamment lors de discussions politiques, relayées par les médias, comme sur la loi d’amnistie.

Écrit conjointement par une historienne, Laurence van Ypersele, et une politologue, Valérie Rosoux, le chapitre 3 examine la déconstruction progressive de l’identité nationale belge à partir de deux épisodes majeurs de son histoire, tout en soulignant les contradictions des processus identificatoires. Si la mémoire de la Première Guerre mondiale est conflictuelle, il n’en va pas de même du passé colonial où aucune ligne de front ne semble diviser profondément les francophones et les Flamands, dans les discours officiels à tout le moins. Ce qui me paraît important ici est que, en concordance avec le chapitre suivant, la Première Guerre mondiale est présentée comme la matrice d’une mémoire conflictuelle en Belgique : le souvenir de la guerre et sa commémoration dans l’après-guerre voient s’opposer la mémoire officielle, celle de l’État, et les mémoires vives, celles des individus et des communautés locales et provinciales, qui se manifestent avec force dans une Belgique où de telles identités n’ont jamais été annihilées après l’indépendance. En Flandre, la mémoire de 14-18 illustre la concurrence à laquelle l’identité belge est soumise par les prétentions identitaires de la droite flamande ; du côté francophone, elle sert, par contre, à renforcer l’unité du pays. Ainsi, autour des années 1930, « La mémoire belge de la Grande Guerre s’est fragmentée : d’une part, les mémoires flamandes et les mémoires francophones prennent des chemins divergents et, de l’autre, la mémoire officielle et les mémoires locales ne correspondent plus » (p. 65).

Un historien néerlandophone, Marnix Beyen, est l’auteur du chapitre 4 qui porte sur la contre-mémoire développée par les nationalistes flamands à l’issue de la Première Guerre. Deux cas sont mis en avant : d’une part, l’élévation des frères Van Raemdonck au rang de martyrs de la cause flamande dans une Flandre « opprimée » par les francophones ; d’autre part, la réappropriation de Tijl Uylenspiegel, héros du roman écrit en français par Charles De Coster évoquant la révolte des gueux (pour la plupart protestants) contre le souverain catholique espagnol, Philippe II, au XVIe siècle. Dans le premier cas, on a volontairement cherché à effacer de la mémoire collective le fait qu’au moment de son décès, un des frères Van Raemdonck tenait dans ses bras son compagnon d’armes, le Wallon Fiévez, et non pas son propre frère mort à peu de distance de là. L’aile droite du mouvement flamand a ainsi placé l’amour fraternel au rang des vertus majeures du sacrifice, faisant de Frans et d’Edward, jeunes étudiants flamingants, des icônes de la martyrologie flamande. Replaçant cet épisode dans le contexte commémoratif de droite en Flandre dans l’après-guerre, l’auteur rappelle, dans un second temps, le traitement réservé aux héros des romans de De Coster, en particulier Uylenspiegel, promu héros national flamand, à la fois « catholicisé » et « ruralisé ». Enfin, il souligne le fait que la création de cette mémoire divergente a été rendue possible par la force des identités locales en Belgique, maintenues au long des siècles et soutenues par les élites, à la fois flamandes et francophones dans les villes flamandes. En outre, la doctrine libérale qui présida à la création de l’État belge interdisant « tout recours répressif afin de créer une nation homogène » (p. 89) et les conflits entre les libéraux et les catholiques ne permirent pas à l’État d’obtenir un « monopole sur le principal instrument de la politique du souvenir, à savoir l’enseignement » (ibid.).

Le chapitre 5 est l’œuvre de psychologues cliniciennes d’orientation psychanalytique, Susann Heenen-Wolff, Ariane Bazan et Anne Verougstraete. À partir d’enquêtes approfondies auprès de huit interviewés, il analyse les émotions éprouvées par des Belges néerlandophones et francophones à propos du passé national : honte et humiliation pour les premiers, mépris et dédain pour les seconds. Les auteures rattachent ces sentiments à différents mécanismes de défense (refoulement, dissociation), lesquels permettent d’oublier le passé tout en gardant présentes les émotions négatives. Elles relient aussi ces sentiments à des évènements traumatiques tels que les deux guerres mondiales qui marquent encore, selon ce qu’on appelle en psychologie le phénomène d’« après-coup », la perception des conflits communautaires actuels.

Pour finir, le chapitre 6 est le fruit du travail d’une spécialiste de la littérature néerlandophone de Belgique. À travers l’analyse de différents romans des années 1970-1990, qui relèvent du genre en vogue à cette époque des romans « généalogiques », à la fois récit sur les origines et commentaire sur un tel récit, l’auteure, Elke Brems, montre qu’ils sont en fait soumis à un double processus de « territorialisation » et de « déterritorialisation ». Le premier processus concerne l’ancrage du récit dans la réalité régionale et l’accentuation des éléments identitaires flamands ; le second interroge de manière critique cette démarche identitaire, permettant de lire ces romans « comme des commentaires du concept même de territorialisation et comme une critique de la “stéréotypisation” de la Flandre et de ses racines » (p. 118). Le roman paradigmatique d’une telle démarche, analysé dans ce chapitre, est Het verdriet van België (Le chagrin des Belges), d’Hugo Claus, dont la structure narrative répond à cette double logique d’introspection et de distanciation. La lecture de ces romans révèle ainsi la complexité et la diversité de la mémoire collective en Flandre et souligne le caractère autocritique de nombreux auteurs et intellectuels flamands.

Comme l’introduction, les conclusions, rédigées par des experts étrangers, William Hirst et Ioana Apetroaia Fineberg, spécialistes de la mémoire collective, forment un chapitre à part : le chapitre 7. Je ne soulignerai ici que deux éléments mis en évidence par ces auteurs. Outre le rappel d’un fait sur lequel les historiens belges sont unanimes, à savoir que les identités flamandes et wallonnes sont les sous-produits de l’identité belge, construits en réaction à cette dernière, ils insistent fort bien sur la malléabilité de la mémoire collective qui les porte. Ils la définissent d’ailleurs comme suit : « des mémoires individuelles partagées qui ont un impact sur l’identité collective » (p. 141). Un tel trait est à l’origine des « divergences mnémoniques » que l’ouvrage résumé ici décrit et explique. À cet égard, les auteurs de la conclusion invitent à aller encore plus loin que d’énoncer des pratiques commémoratives ou de traquer des stéréotypes : « pourquoi un monument change-t-il la mémoire collective d’une nation, en aidant à garder en mémoire l’évènement ou la personne en question dans l’imaginaire collectif, alors que d’autres monuments semblent simplement occuper l’espace, avec peu d’effet sur la mémoire collective nationale ? Pourquoi est-ce que certaines histoires (développées dans des livres, des films et d’autres productions culturelles), se retrouvent cimentées dans la mémoire des membres de la communauté, alors que d’autres sont rapidement oubliées ? » (p. 142). Voilà deux questions exigeantes, mais essentielles, portant sur les mécanismes sociaux et/ou politiques de cristallisation de l’intérêt public et de la mémoire, et invitant à entreprendre une méta-analyse de tels phénomènes à partir notamment des analyses produites par les chercheurs.

L’autre élément concerne les mécanismes de formation de la mémoire collective mis en évidence à l’aune des cas d’étude fournis par les différentes contributions. Ainsi, la formation de souvenirs collectifs peut être le résultat d’une action efficace, comme pour les frères Van Raemdonck ; elle peut également dériver d’une forme d’inaction, comme lors des tergiversations du gouvernement belge à l’issue de la Première Guerre mondiale, adoptant en 1919 la date du 4 aout comme jour de commémoration nationale, puis finalement en 1922 celle du 11novembre, laissant entretemps la place à l’apparition de réponses et de pratiques divergentes. De manière générale, la mémoire collective « fonctionne » ou réagit plus fortement par rapport à du passé vécu, personnellement ou dans sa famille, et elle est travaillée par le présent, notamment au regard des stéréotypes (formés sur des expériences passées) à partir desquels on considère, en retour, le passé, comme l’a évoqué le chapitre 2.

Ce résumé assez substantiel d’un livre instructif ne dispense pas de quelques remarques critiques. Quant à la forme, on regrette, davantage que les rares coquilles, les quelques défauts émanant en partie de la traduction de l’anglais ou du néerlandais. Ainsi, à la place de « réformation », il faut lire « réforme » (p. 85) et à celle de romans « générationnels », romans « généalogiques » (p. 151). Par ailleurs, le roman généalogique ne « dresse » pas la « Bildung d’individus » : il la « présente » ou la « caractérise » (p. 117). Ce qui ressort principalement de la lecture de l’ouvrage est une impression de déséquilibre dans sa composition, tant à partir des exemples donnés dans l’introduction que du point de vue des chapitres, lesquels portent globalement plus sur la mémoire collective flamande. Comme il est signalé dans l’introduction, les Flamands sont plus attachés à leur région et à leur communauté, et les francophones s’identifient surtout avec la Belgique. Mais les sentiments des francophones sont-ils vraiment partagés par (tous) les Wallons ? Par les Liégeois, par exemple, dont le patriotisme local leur a valu une révolution à part en 1789 ?

Faut-il, dans une sorte de catalogue explicatif des émotions potentiellement ressenties par des groupes en conflit, prendre essentiellement les Flamands comme le seul groupe ayant vécu des sentiments de honte, de ressentiment, de mépris, d’humiliation ou de frustration (voir p. 20sq.), et cela même si l’affaire de Louvain est évoquée à partir des sentiments tant francophones que néerlandophones ? En ce qui concerne la division de l’ouvrage, trois chapitres (2, 3 et 5) se présentent comme des synthèses portant sur les représentations et les émotions de part et d’autre de la frontière linguistique, et deux chapitres (4 et 6) sont consacrés entièrement à la mémoire collective flamande, appréhendée par les cas d’études de la récupération de la mémoire de la Première Guerre par la droite nationaliste flamande et des romans généalogiques des années 1970-1990 réfléchissant la complexité de l’identité flamande. Qu’en est-il donc de la mémoire collective wallonne, qui ne se confond pas avec celle des Bruxellois francophones ? Aucun chapitre ne lui est consacré. Dans un souci d’équilibre thématique, un tel chapitre sur la mémoire wallonne aurait trouvé sa place [4]. Il aurait pu porter sur la mémoire des guerres et ses contradictions, mettant à plat l’image parfois mythifiée du résistant et rappelant les différentes formes de collaboration qui ont existé en Wallonie jusqu’à sa manifestation la plus extrême : le rexisme [5]. L’argument, fourni dans la conclusion, expliquant la disparité entre les efforts de mémoire consentis par les Flamands et les francophones par le fait que la Flandre est une « nation en attente » et la Wallonie une communauté linguistique (p. 143), ne suffit pas.

Certains historiens se sont opposés à une telle vue de l’esprit, simplificatrice et autolégitimante du point de vue francophone : selon Maarten Van Ginderachter, spécialiste du nationalisme en Belgique, le régionalisme wallon avec ses symboles et ses mythes présente des similarités au plan des mécanismes de formation identitaire avec le nationalisme flamand [6].

Qu’il est donc difficile de ne pas être pris au piège de ses propres préjugés et de ne pas retomber dans des stéréotypes ! Que ces quelques remarques critiques en convainquent : voilà un livre stimulant qui prête à réflexion et à discussion !

[1Olivier Luminet (dir.), Belgique-België : Un État, deux mémoires collectives ?, éditions Mardaga 2012, 190 p.

[2Voir entre autres le dossier « Belgique. Les ressorts de la crise », La Revue nouvelle, janvier 2008, p. 26-93. Voir aussi en ce qui concerne les relations entre politique et émotions : Benoît Lechat, « Solidarité, condescendance, estime. Sortir de la fosse aux Wallons », La Revue nouvelle, aout 2004, p. 5-11.

[3Une analyse politico-historique, présentant un résumé synthétique des aspects saillants du conflit communautaire belge, a été proposée par l’auteure de cette recension, en collaboration avec Benoît Lechat, dans le cadre d’un colloque international sur l’ethnonationalisme organisé à Berlin par la Heinrich Böll Stiftung : « Ethnonationalismus in Belgien : Ursprung, Geschichte und Risiken des belgischen Kompromisses », dans Ethnonationalismus und State-building, Heinrich Böll Stiftung, Schriften zu Europa, vol. 5, 2008, p. 38-47.

[4Plusieurs articles et livres ont été écrits à ce sujet. Voir, par exemple, L. Courtois et J. Pirotte (dir.) Entre toponymie et utopie : les lieux de la mémoire wallonne (Louvain-la-Neuve, 1999) ; C.Kesteloot, « Être ou vouloir être. Le cheminement difficile de l’identité wallonne », Cahiers d’histoire du temps présent, 3, 1997, p. 181-201.

[5Voir, par exemple, Eddy De Bruyne, Les Commandos wallons d’Hitler : septembre1944-mai 1945, éd. Luc Pire, 2013 et Flore Plisnier, (Ils ont pris les armes pour Hitler : la collaboration armée en Belgique francophone, La Renaissance du livre, coll. « Espace temps », 2011.

[6Maarten Van Ginderachter, « L’introuvable opposition entre le régionalisme citoyen wallon et le nationalisme ethnique flamand. À propos de l’Encyclopédie du mouvement wallon », Cahiers d’histoire du temps présent, 13/14, 2004, p. 67-96.