Archipel des Bijagos (Guinée-Bissau). Les illusions du développement par le tourisme

François Polet

Le tourisme est depuis longtemps promu par les instances internationales comme un « formidable levier de développement » au Sud. Source d’activités, d’emplois, de devises étrangères, d’infrastructures, exigeant un investissement de départ relativement limité, il constituerait une voie idéale d’insertion dans la mondialisation pour les pays les plus pauvres. La montée en puissance, depuis la conférence de Rio de 1992, des préoccupations quant aux dérives environnementales et sociales du tourisme de masse n’a pas infléchi le cœur de ce discours - inciter les États à donner davantage de place au tourisme dans leurs stratégies de développement (« tourism led development ») -, mais l’a assorti d’une série de conditions visant à garantir sa contribution à la dimension « durable » du développement et aux Objectifs du millénaire pour le développement.