Actualité du modernisme

José Fontaine
Église.

La crise moderniste de 1907 oppose l’Église à un clergé savant, critique des textes chrétiens fondateurs, niant surtout que le Christ soit Dieu. Elle, dans ses dogmes, eux, dans leur positivisme, oublient le « je » du Christ que les évangélistes font vivre par la puissance du récit. Augustin ou le Maitre est là, le roman de Joseph Malègue qui vient d’être réédité, participe, comme récit, d’une recherche semblable : celle du nom propre, de la singularité d’une personne, d’un évènement, non des vérités générales prétendues vraies pour tous. C’est « le » roman de la crise moderniste qui ronge toujours l’Église aujourd’hui, annonce peut-être sa mort, à l’instar de celle de Jésus qu’elle proclame, mort humaine d’un vrai être humain sans certitude sur l’après. Dans L’Incrédulité de Thomas du Caravage, en couverture, le Ressuscité se prête à une vérification « moderniste » moins déçue que dépassée par un éblouissement auquel Thomas et d’autres, fronts plissés, résistent. Perplexité venant de loin.