Le non-marchand entre mimétisme et alternatives

Comment se prennent les décisions dans les organisations qui ne sont pas des entreprises étant la propriété de leurs actionnaires ni des institutions dépendantes de l’État ? Comment se répartissent et s’exercent les pouvoirs une fois qu’une organisation n’est pas subordonnée à la quête de bénéfices économiques ? Les entreprises sociales et organisations du non-marchand peuvent-elles affirmer un mode de gestion spécifique qui leur permette d’assumer les tensions entre finalités sociales et finalités économiques ?

À l’origine des questions qui animent ce dossier, l’Unipso [1] et le MIAS Louvain-la-Neuve/Namur [2] ont lancé ensemble un cycle de conférences de longue haleine. Ils avaient commencé par s’intéresser aux évolutions contemporaines des rapports entre État et associations, et plus largement « secteur à profit social », comme dit l’Unipso [3]. Voyant à quel point leurs interactions s’étaient ouvertes à une troisième instance, le cycle était renouvelé et consacré à ce tiers : l’entreprise. C’est ainsi que cinq nouvelles conférences se sont succédé, de l’automne 2016 à l’automne 2019, pour interroger les rapports entre entreprises marchandes et non marchandes.

Une manière de rendre compte de ce second cycle va être de nous intéresser ici à la question des (...)

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Une coalition de gauche progressiste au Parlement européen : un rêve éveillé ?

Des gilets jaunes aux mouvements sur le climat en passant par les actions syndicales, les mobilisations récentes questionnent le rôle et la fonction de l’Union européenne. Dans un contexte de Brexit, avec la montée en puissance des droites populistes et extrêmes dans nombre de pays européens, il semble essentiel de questionner la possibilité d’une alliance des gauches pour imposer un « autre agenda européen ».

Rappelons d’emblée un fait connu : la « gauche politique européenne » est une sorte de fiction. Sur nombre de dossiers, les partis « de gauche » ont voté très différemment au Parlement européen durant la législature qui s’achève [6]. Qu’en sera-t-il pour la suivante ? Pour le savoir, au cours des (...)

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La cohérence ? Pour quoi faire ?

Nous vivons des temps passionnants et inquiétants, où une part importante de la population semble décidée à interroger nos modèles sociaux. À mille lieues de la victoire définitive du capitalisme sur les horreurs de l’économie planifiée, à rebours du TINA [7] des conservateurs et libéraux et contre les Cassandre de la fin du politique, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour exiger un bilan honnête des conséquences de nos modes de vie et pour réclamer l’entrée dans une nouvelle ère. Au cœur des préoccupations, se trouve l’angoisse générée par la perspective du réchauffement climatique, par l’effondrement de la biodiversité et par la transformation de la planète en dépotoir. Mais, bien (...)

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Créateurs, créatrices, artistes : prêts pour une législature tournée vers l’action ?

La législature 2014-2019 n’aura pas été celle de la rupture revendiquée par les créateurs et les créatrices, par les organisations d’artistes en général et engagée à l’ouverture de l’initiative « Bouger les lignes » en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle a certes permis quelques succès importants — en fait, des avancées acquises de haute lutte —, comme la loi sur l’injection directe [12], la réforme de la définition de la copie privée [13], l’adoption des deux directives européennes « droits d’auteur » et « radiodiffusion », la mise en place d’un premier réseau des échevins de la Culture et de l’Enseignement de la Région bruxelloise, l’adoption du prix unique du livre, le décret « instances d’avis » de la Fédération (...)

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Quand les minorités ethniques se rebiffent

Paternaliste, infantilisant, hypocrite, caricature raciste. Ils ne sont pas tendres les qualificatifs qui fusent sur les réseaux sociaux et qui visent certains épisodes récents de la campagne électorale pour les élections régionales, fédérales et européennes. Dans la ligne de mire, les défilés, dans plusieurs communes du croissant pauvre de Bruxelles, d’élus de différents partis politiques accompagnés de troupes de Gnawas (parfois affublés, pour l’occasion, de t-shirts aux couleurs et aux noms des candidats), ces musiciens traditionnels issus du Maghreb. Alors que les questions de diversité (immigration, héritage colonial, profilage ethnique dans le cadre de la lutte anti-terroriste, etc.) avaient été (...)

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Coopération au développement : ausculter une réforme

À la veille des élections législatives, la coopération au développement est un domaine de compétence fédérale largement absent des débats. Certes, voici plus d’un an, une centaine de personnalités de tous horizons avaient exprimé publiquement leur inquiétude [18] devant l’insuffisance et la régression de la part de richesse nationale que la Belgique consacre à l’aide au développement. Cette prise de position avait suscité un large écho. Mais depuis, plus rien. Et la réalité des chiffres reste ignorée en dehors des milieux directement concernés.

La Revue nouvelle se risque à soulever le couvercle en ouvrant ses pages à un ample dossier sur l’état de la coopération belge au développement. Outre les chiffres, (...)

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Comme un mauvais conte de fées : Theresa May et le Brexit

Depuis le XIXe siècle, une controverse porte sur les « pantoufles » de Cendrillon : outre les discussions autour de la nature même de la chaussure de l’héroïne (était-ce un chausson, une sandale, une chaussure ?), la discussion dans le champ francophone portait sur la matière même en raison de l’homophonie des termes : du verre ou du vair ? Glisser son pied dans de la fourrure ne relevait pas de l’exploit alors qu’enfiler sans casse un escarpin fragile relevait davantage de la prouesse digne d’un conte. Comment ne pas briser l’objet délicat ? Bien entendu la féérie permet tout et Cendrillon valse et virevolte avec des chaussures qui ne se briseront jamais. La métaphore du verre et les femmes

Le « (...)

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Vision, très obscure, de la libéralisation du marché de l’énergie

En février dernier, les tarifs sociaux fédéraux du gaz et de l’électricité subissaient une hausse importante (respectivement de 28 et de 22%). Le tarif social fédéral est une mesure destinée à aider les personnes ou les ménages précarisés qui appartiennent à certaines catégories d’ayants droit (les bénéficiaires du CPAS, de la Grapa et des allocations pour personnes handicapées) à payer leur facture d’électricité et/ou de gaz. Il est identique dans toute la Belgique, quel que soit le fournisseur d’énergie ou le gestionnaire de réseau. Ce tarif, établi deux fois par an par le régulateur fédéral pour l’énergie (la Creg) est aligné sur les tarifs les plus bas du marché. Si les prix de l’énergie s’envolent, les (...)

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Syndicalisme version 2.1

Le mouvement dit des « gilets jaunes » aura pris de court bien du monde, à commencer par les syndicats. Si ces derniers ne détiennent assurément pas le monopole des luttes sociales, il est significatif qu’un mouvement de contestation socioéconomique de cette ampleur soit né en marge de leurs rangs. D’aucuns y verraient même un échec, voire une « faillite » des syndicats qui feraient désormais l’objet de la même défiance que d’autres institutions telles que les partis politiques et les médias. Qu’en pensent exactement les principaux intéressés ? Le président de la FGTB et la secrétaire générale de la CSC se sont montré·e·s prudent·e·s, l’un affirmant que « les gilets jaunes ont évidemment raison, ils disent la (...)

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Contrôle social 4.0 ? Le système chinois de crédit social

Les systèmes chinois de crédit social contrôlent la société de manière ludique : ils récompensent les utilisateurs en leur attribuant un score sur la base de leur comportement en ligne et hors ligne. Le gouvernement chinois veut mettre en place d’ici 2020 un système national de crédit social portant sur la réputation des citoyens. Les observateurs occidentaux sont inquiets, mais que penser de nos propres médias sociaux ?

Les ambitions géopolitiques de la Chine étant au cœur de l’actualité, les mesures politiques intérieures du Parti communiste chinois (PCC) passent souvent inaperçues. Pourtant, la Chine est en pleine transformation : le PCC veut introduire des systèmes numériques de contrôle social à (...)

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« Jobs, (mini-)jobs, (flexi-)jobs », le verre plein ou à moitié vide ?

« Jobs, jobs, jobs ». Tel était le mantra du gouvernement Michel au cours de cette législature. Les statistiques tendent à lui donner raison. Entre l’automne 2014 et l’automne 2018 (dernière période de disponibilité des données), 238.000 emplois ont été créés selon Eurostat. Mais comment peut-on évaluer cette performance ? Le gouvernement peut-il revendiquer ce succès ?

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Rien à justifier. Quand la publicité conforte les dominants

L’image a fleuri sur les murs de la ville. Elle représente, à l’avant-plan, un père portant sa fille sur les épaules. Ils sont tous les deux habillés à la manière des princesses Disney. Derrière eux, garée le long du trottoir de ce qui semble être une banlieue résidentielle, une berline allemande, une Mercedes classe B, pour être précis. Au loin, la ville et ses gratte-ciels. Le slogan : « Rien à justifier ». L’affiche s’accompagne d’un clip publicitaire reprenant ce slogan et vantant le XXIe siècle béni où l’on n’a plus à justifier son amour (mise en scène d’un couple mixte), son habillement (à nouveau, le père habillé en princesse), ni sa préoccupation pour les autres (un professeur aidant sa fille en gardant (...)

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Déviance et travail social

Les écarts entre le travail prescrit et le travail réel sont particulièrement importants dans les métiers de l’action sociale. Ils s’accentuent avec l’évolution des politiques d’action sociale de ces dernières décennies. Lorsque la procédure empêche de réaliser l’objectif de la fonction, lorsque le malêtre et la perte de sens se font ressentir par rapport à l’exécution de la procédure, dévier d’une quelconque manière apparait comme une issue… Ce dossier a pour objet de développer une réflexion sur ces tensions inhérentes à la réalité du travail social et sur ce phénomène de « déviance » [37].

Dans la contribution qui entame le propos, Pierre Bioul considère que le « bricolage » mis en place par les travailleurs (...)

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Littérature et sacrifices

Il y a quelques jours une nouvelle apparemment réjouissante se répandait comme une trainée de poudre : dix-neuf mois après son arrivée en Belgique, une petite Syrienne était sélectionnée pour participer à l’une des séances de flagellation d’enfants dont nous sommes friands, à savoir un concours orthographique. Enfin, les admirateurs béats du métissage mondial trouvaient la preuve incontestable de l’intérêt de l’immigration. Cerise sur le gâteau, ils pouvaient s’imaginer en costume de héros de l’internationalisme, faisant la nique à Théo Francken et à ses doutes quant à la plus-value de certaines des catégories de métèques qui ont tenté de nous grand-remplacer.

Qu’on ne s’y trompe pas, je suis enthousiaste à (...)

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L’économie rationnelle de la migration

Certains jours, quoi que l’on fasse, il s’avère impossible d’échapper à l’appel des journaux qui trainent dans les lobbys d’hôtel. Ce fut mon cas lors d’un passage éclair dans un hôtel parisien qui, outre ses quelques étoiles, affiche par son nom raffiné son attachement aux expériences d’ouverture au monde menées à grands coups de baïonnettes sous le Second Empire. Sirotant mon expresso macchiato matinal, je découvris avec délice l’annonce de la parution d’un opus du plus néoconservateur des politiques-médecins belges [39]. Alain Destexhe [40] propose donc une « analyse » de la question migratoire qui s’inscrit parfaitement dans la lignée du discours du reste de l’extrême droite européenne qui forme désormais (...)

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École et diversité ethnoculturelle

La diversité ethnoculturelle — entendons par là la diversité quant aux régions géographiques d’origine des familles, aux langues maternelles, aux confessions religieuses ou encore aux habitudes alimentaires et vestimentaires liées à ces régions et confessions — du public scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles (comme ailleurs en Europe occidentale) n’a cessé de s’accentuer ces dernières décennies. Elle est principalement le fait de flux migratoires qui ont débuté au lendemain du second conflit mondial pour des raisons économiques et ont connu des modalités différentes en fonction de la conjoncture économique et des relations géopolitiques de la seconde moitié du XXe siècle et du début du XXIe siècle. Les (...)

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La Grande Guerre. Paysages, mémoires et représentations

Il y a cent ans que les armes se sont tues sur le front de l’Ouest. L’armistice a été signé dans un wagon de train, à Rethondes dans la forêt de Compiègne près de cette ligne où les armées allemandes, d’un côté, et les armées alliées (américaines, australiennes, belges, britanniques, canadiennes et françaises), de l’autre, se sont affrontées dans une interminable guerre de tranchées pendant quatre ans.

Le 11 novembre 1918, le maréchal Foch, commandant suprême des forces alliées, reçoit la capitulation de la délégation allemande, composée de Mathias Erzberger, représentant du gouvernement allemand, du comte Alfred von Oberndorff, représentant du ministère des Affaires étrangères allemand, ainsi que d’un général (...)

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Lutter contre l’assistanat des enfants

Récemment, un fait divers a retenu mon attention : des parents ont abandonné leur enfant de cinq ans dans les bois, après qu’il eut mouillé son pantalon. Bien entendu, l’article condamnait sévèrement les géniteurs, annonçait leur poursuite en justice et le placement de l’enfant.

Je le sais, les gauchistes bienpensant s’émouvront de cette histoire édifiante et verseront une larme, mais il me semble que cette histoire vaut mieux que l’indignation moralisatrice des Bisounours en charge de la réprobation sociale. Car, disons-le tout de go, je ne vois ici nul parent indifférent et cruel, mais simplement des gens soucieux d’éduquer leur progéniture et de la préparer au monde de demain. Il me semble (...)

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Porno

« Mais pourquoi faudrait-il parler du porno ? » Cette question a été posée à l’un de nous à la fin de 2016, lors d’une conférence intitulée « Le X est-il politique ? », juste après les discussions, alors qu’il commençait à déconnecter son portable. En interrogeant quelques collègues qui, comme lui, se sont intéressés de près ou de loin au « porno », il a pu se rendre compte que cette question revient de manière lancinante, de conférence en révision d’articles, mais « pourquoi donc faudrait-il en parler ? ».

Celles et ceux qui portent cette interrogation pointent généralement que parler du porno finit par le banaliser, que le porno ne mérite que peu d’intérêt et qu’il est en tout cas très facile de se faire (...)

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L’Amérique latine à la croisée des chemins

L’Amérique latine a-t-elle loupé l’opportunité de réaliser le grand bond en avant que bien des commentateurs lui prédisaient il y a quelques années ? Avec l’enracinement de la paix et de la démocratie, une conjoncture économique favorable et des politiques publiques volontaristes, la trajectoire des pays d’Amérique latine ne pouvait apparemment que les rapprocher des pays d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord. Ce mouvement de convergence se manifestait tant sur le plan politique, avec la montée de la démocratie représentative et le respect grandissant des droits de l’homme, qu’économique avec la création du Mercosur (calqué en partie sur le modèle du marché commun européen). La croissance des PIB d’un (...)

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Migration : la stratégie de la dissuasion

Les hommes sages qui veillent sur la destinée de notre pays l’ont bien compris : le péril qui nous menace, aujourd’hui, c’est l’immigration. Logiquement, après avoir fait en sorte qu’il ne soit plus possible d’envahir légalement notre pays pour des raisons économiques, ils œuvrent au tarissement de l’afflux de réfugiés. Qu’un étranger soit affamé ou torturé, il n’en est pas moins dérangeant. Sa simple présence menace notre culture, notre mode de vie et, surtout, notre sécurité sociale. Or, nos représentants tiennent beaucoup à détruire eux-mêmes cette dernière, c’est un point d’honneur.

Un des principaux moyens pour tarir le flux de candidats-réfugiés est la mise en place d’une stratégie de dissuasion. (...)

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Ressources naturelles. Enjeu majeur pour l’avenir de nos sociétés

Nous vivons dans un monde matériel, chantait en boucle Madonna en 1984. Le material world de la material girl fait allusion à la richesse, mais porte l’ambigüité sémantique entre richesse et matériaux. Cette chanson est un hommage au classique de Marilyn Monroe, Diamonds Are Girl’s Best Friend (Gentlemen Prefer Blondes, Howard Hawks, 1953). Ici, nous n’aborderons pas l’analyse féministe de cette culture populaire, mais bien le lien entre richesse et matérialité des avoirs. Les diamants que souhaite Marilyn dans sa chanson iconique sont des cristaux de carbone à haute valeur économique. Ces cristaux de carbone sont issus de processus géologiques qui se réalisent sur la longue durée. Certains diamants (...)

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Politique et violence, une explosive alchimie

La violence est omniprésente en politique. Elle l’est, par exemple, au travers des affrontements parfois musclés entre les adversaires du jour qui sont souvent les partenaires du lendemain. On accuse l’autre du pire, on l’invective, on le dénigre, voire on en vient aux mains dans un hémicycle.

Il y a une théâtralisation des divergences, une sorte de rituel dont l’objectif semble être de suggérer que, derrière les ressemblances visibles, il y aurait des différences profondes.

Mais, à côté de cette mise en scène de la violence, il y a une violence réelle. Celle qui se développe vis-à-vis des minorités et des minorisés — les femmes, les un-peu-trop-basanés, les pas-assez-riches — est d’une tout autre (...)

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Dans la guerre

Arkadi. Il a les lèvres qui tremblent dès qu’il en parle. Après, il lui faut quelques bières, et une cargaison de cigarettes, fumées fébrilement les unes après les autres, pour que revienne le goût de vivre. Allumer celle qui vient avec le reste de la précédente. C’est peut-être ça, griller sa vie, faire remonter le niveau de nicotine, pour arriver tout simplement à faire face. À vivre. Il raconte, il ne feint pas, il ne ment pas. Il assume, tout. Il regarde en face. Il creuse, il analyse. Il décrit.

Il écrit, aussi.

Cela fait des nœuds, des boucles. C’est indémêlable. Il a eu beau tourner ça dans tous les sens, comme il le dit, il n’est pas sûr d’avoir trouvé la réponse.

Parfois cependant, (...)

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Populisme, le parti pour le tout ?

Un spectre hante l’Europe, le populisme. Le propos est connu, comme celui du « retour des années trente » ou du « réveil des vieux démons ». L’Europe abriterait un monstre en son sein, toujours prêt à reprendre du service dans différentes circonstances, notamment celles d’une confrontation à « l’Autre ». Et si le peuple s’avère mauvais – car c’est quand même lui qui vote populiste –, il faudrait adopter la solution attribuée par Brecht à l’Union des écrivains et décider « d’en élire un autre ». Mais le phénomène semble dépasser le continent, à en croire certains politologues et journalistes qui utilisent le terme pour désigner des mouvements ou régimes qui vont des Philippines aux États-Unis, du Venezuela à la Pologne, (...)

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Mort pour nous

S’il est une épreuve dans laquelle on reconnait l’humaniste, l’homme de bien, c’est celle du dépassement des apparences, pour voir un semblable dans le réprouvé, le paria, le déclassé, pour tendre la main à la loque humaine, pour accueillir la parole du « monstre », pour réconforter le difforme.

Pour y parvenir, il faut se montrer capable de s’abstraire des discours convenus, des ragots, des hurlements de la meute et des idées reçues. Quand les médias dénoncent, quand le public lynche, il faut oser sortir du groupe et forger sa propre opinion. Hier, Dreyfus, aujourd’hui Snowden, avant-hier le Chevalier de La Barre, aujourd’hui Yvan Mayeur… la liste est longue de ceux que tout accusait, que tous (...)

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Féminismes en lutte

« Le féminisme soulève une question fondamentale, une question si fondamentale et brutalement posée aujourd’hui que rien n’échappe à son interpellation : organisations, mouvements et individus, chacun s’interroge et se justifie déjà. » Ces mots datent de 1974, ils furent publiés dans le dossier « Naissance de la femme » de La Revue nouvelle.

Nous sommes en 2018 et les féminismes continuent inlassablement à nous interpeler. Du #metoo aux débats sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), de la précarisation qui touche avant tout les femmes à la part toujours trop restreinte de femmes dans les cénacles politiques, les débats médiatiques et les fonctions dirigeantes des institutions… tous ces exemples (...)

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Bienfaisante pauvreté

Récemment, Eurostat a publié de nouveaux chiffres relatifs au chômage. Il y est notamment indiqué que le risque pour les travailleurs et les chômeurs de connaitre une situation de pauvreté a considérablement crû au cours des dernières années. Le corolaire évident en est que l’ensemble de ces gagnepetits vit dans la crainte d’une fatale dégringolade.

Ce sont bien entendu des chiffres encourageants, puisqu’il est bien connu que les gens ordinaires ne comprennent que la peur et ne se bougent que s’ils sont sous le coup d’une menace suffisante. Là où les gens raffinés, les puissants, les élites seront motivés par l’accroissement de leurs revenus (primes, stock options, incentives, etc.) et de leur pouvoir (...)

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